Rédiger un business plan ce n’est pas un truc fun

In: Entrepreneurship

8 oct 2010

Rédiger un business plan n’est pas le petit exercice à la mode qui donne naissance à un joujou qu’on exhibe fièrement à son réseau. Se lancer dans son bp c’est un combat, et si vous ne l’avez pas ressenti comme ça c’est peut être que vous êtes passé à côté. Après si vous aimez le combat vous trouverez ce plaisir si particulier qui n’existe que dans l’effort et la sensation du devoir accompli.

business-plan-writer

Bon sauf cas particuliers que je ne connais pas encore, rédiger un business plan est un exercice incontournable dans la gestion de votre société. Même si je connais des sociétés qui se gèrent sans business plan, je suis persuadé et il paraît évident que naviguer à vue sera toujours moins agréable et performant que savoir où l’on va (ou en tout cas s’être donné un cap). Rédiger un business plan revient donc à créer son voyage sur les 3 prochaines années minimum. Et comme la plupart du temps, vous souhaitez que ce voyage vous amène très loin, cela fait un paquet de choses à prévoir. Vous connaissez déjà la difficulté qu’il y a à vous organiser pour votre séjour trekking d’une semaine dans le Verdon …., alors imaginez ce qui vous attend.

L’impact le plus fort d’un bon business plan, c’est certainement la remise en question de la vision de départ. Et ce point là s’étend du début de la rédaction à votre première présentation (après on parlera d’évolution mais le socle est là). C’est certainement l’élément le plus traumatisant, et celui qui, caché dans l’ombre, est la raison principale de l’occultation du bien fondé de cet outil par le créateur. Il faut être prêt à faire ressortir les éléments que l’on occultait, les petits grains de sable qui, lorsqu’on se rapproche, sont en fait de grosses pierres dans un mécanisme que l’on pensait si bien huilé. Je pense que le schéma classique de la genèse d’un projet est le suivant : d’abord L’Idée, tout de suite après la « Bulle d’Enthousiasme », puis « l’Évolution Enthousiaste en dents de scie »
L’Idée tout le monde connaît ça, cette idée géniale à laquelle personne n’a encore pensé. La Bulle d’Enthousiasme, également. Cette phase où l’on occulte tous les efforts et problèmes, pour ne voir que les aspects positifs de son projet. On parle de l’idée autour de soit en prenant soin de sélectionner les personnes. En général cette sélection s’opère par le choix de personnes non expertes, on est pas encore prêt à confronter son projet aux différentes réalités du métier. On a que des avis positifs car on a bien su faire notre sélection et notre enthousiasme est communicatif.

La croissance enthousiaste en dents de scie : on passe par plusieurs phases, doute et euphorie s’alternent. Cela signifie que la réflexion est entamée et que l’on commence à se poser de bonnes questions. Que l’on ose s’ouvrir aux problèmes. En général cette étape là se conduit seul, le projet n’est pas assez mature pour commencer à en parler avec des gens du métier.

À ce niveau, beaucoup d’idées finissent par partir dans la poubelle de l’oubli. L’euphorie retombe aux vues des contraintes, on avait pas imaginé ça comme ça, et finalement ça ne nous enchante plus trop. Gardez bien en mémoire que dans tout projet, toute création, vous mangerez votre quota de m….je n’y met pas les formes car c’est bien la réalité. Préparez-vous à en bouffer. Et la meilleure préparation c’est certainement de rédiger votre business plan!

Une autre option consiste à profiter de la bulle d’enthousiasme pour se lancer tête baissée dans le projet. Ça passe ou ça casse, on se met dos au mur, mais au moins on ne s’inflige pas la douloureuse confrontation qui pourrait nous mettre k.o. Attendez un peu, ne vous inquiétez pas, ça va arriver, vous allez en prendre plein les dents. Mais au moins vous ne pourrez plus vraiment reculer. Je connais des personnes qui se sont lancées comme ça, le contre-coup est violent. D’autant qu’en général, comme elles ont refusé d’affronter les problèmes, elles n’ont pas parlé de leur idée aux bonnes personnes, et partent donc en étant ni entourée, ni conseillée. Pour d’autres ça se passe bien, mais elles bénéficient en général d’une bonne expérience passée dans l’entrepreneuriat, et/ou d’un environnement fort et d’appuis intéressants.

Donc si j’ai un bon conseil, c’est arrêtez de vous mentir et n’ayez pas peur. À chaque problème il y a une solution. Vous verrez que ces solutions sont parfois bien meilleures que les idées d’origine. Ensuite puisque vous savez que vous allez en baver de toute façon, autant en baver durant le business plan ça sera largement moins douloureux.

Un BP ça vous torture tellement votre idée de départ – une sorte de crash test en somme – que celle-ci en ressort métamorphosée, plus forte, plus belle, et bien souvent méconnaissable. Pour lui faire subir ce lavage haute pression, il va falloir aller au fond du fond, se poser toutes les questions. N’oubliez pas que vous êtes votre pire ennemi. On retombe vite dans la bulle d’enthousiasme.

Bref, un business plan ça peut être long, il faut être rigoureux puisque il est lui même déjà assez hypothétique, et surtout ça ne se résume pas qu’aux chiffres. Les chiffres c’est simplement la résultante de tout le reste. De quoi j’ai besoin pour réaliser ce projet selon ce que j’ai défini avant? Bref, ne pensez qu’aux chiffres dans un business plan c’est de la masturbation cérébrale d’apprenti entrepreneur. Retournez donc dans votre cours d’école si vous pensez qu’un business plan c’est fun…

crédit photo : inconnu, mais empruntée de ce post http://www.betadaily.com/2010/02/07/professional-business-plan-writer/

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